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Un deuil en expatriation

deuil

La perte d’un être cher – mais aussi l’annonce de la mort d’une connaissance – est une épreuve difficile. Et quand il faut le vivre loin de sa famille, de sa culture, de sa langue, quel soutien trouver?

Quelle belle initiative que de s’ouvrir à l’international pour l’association Vivre son deuil Languedoc-Roussillon. Retrouvez ci dessous son article sur comment vivre son deuil à l’étranger.

Pouvoir parler de son vécu de deuil dans sa langue natale et mettre des mots sur ses maux est un des enjeux primordiaux du processus de deuil. Pourtant, quand on vit à l’étranger dans un lieu sans associations, ni professionnels francophones spécialisés dans l’accompagnement du deuil, il est difficile de pouvoir trouver un interlocuteur capable d’aider à exprimer ce que l’on ressent au plus profond de nous.

Pour répondre aux demandes de plus en plus nombreuses venant du monde entier, l’association Vivre son deuil Languedoc-Roussillon qui anime traditionnellement une ligne d’écoute téléphonique ainsi que des groupes d’entraide et de partage, propose aussi désormais des entretiens en ligne via skype.

Delphine Guéry accompagnante de l’association Vivre son deuil Languedoc-Roussilon nous parle de cette nouvelle forme d’accompagnement en ligne.

Écoute deuil en ligne

Les premiers entretiens par Skype, menés par l’association Vivre son deuil LR, ont commencé au mois de décembre 2014 explique Delphine Guéry. Tout a commencé suite à une première demande de contact formulée via la page facebook de l’association, par une personne en deuil habitant l’Algérie. Puis un autre contact d’une personne en deuil de Nouvelle Calédonie cette fois, directement via le site de l’association Vivre son deuil LR. Ces personnes demandeuses de partager leur souffrance avec d’autres, dans un groupe d’entraide, n’ont  pas trouvé d’associations d’accompagnement du deuil dans leur lieu de résidence. Elles ont donc pris contact avec Vivre son deuil LR. Dans un premier temps une série d’échanges se fait par mail.

Suite à ces échanges, l’association propose une première rencontre par Skype, afin d’apporter un soutien à distance. Depuis le mois de janvier, les entretiens par Skype, se poursuivent à raison d’une rencontre par mois d’une heure. La supervision, obligatoire pour tous les bénévoles d’accompagnement, permet de partager l’expérience de cette nouvelle forme d’accompagnement avec le reste de l’équipe très intéressé par ce moyen moderne de créer du lien.

Un outil moderne au service de l’accompagnement du deuil

Il n’est pas toujours facile pour les personnes en deuil de prendre le premier contact téléphonique avec une association. Dévoiler ce qui est intime et douloureux à une personne que l’on ne connait peut amener à l’hésitation du premier contact. Et certaines franchissent le pas, pour ensuite en sentir le soulagement, le soulagement d’avoir pu se raconter dans ce qu’elles vivent au quotidien. La rencontre physique permet ensuite de construire une relation de confiance, dans le temps et progresser, accompagné sur son chemin du deuil.

L’entretien via Skype ne se fait pas non plus toujours spontanément. Dans ce cas là, les personnes en deuil prennent un premier contact par mail comme une première étape rassurante avant d’aller plus loin. Il peut y avoir un ou plusieurs échanges, le temps « d’approcher » et « d’accrocher » avec la personne qui répond à leur demande d’aide. Le côté rassurant de la réponse de la personne bénévole peut ensuite amener à aller plus loin dans la rencontre, via Skype, non sans appréhension, comme pour la rencontre physique.

Pourtant, on se rend compte que la proposition de cette première rencontre à distance est acceptée facilement, peut-être plus facilement que dans le cadre d’une écoute téléphonique traditionnelle grâce à l’échange par mail qui respecte l’intimité de l’endeuillé. En ce sens, ce mode d’accompagnement permet une moins grande appréhension et facilite la demande.

Ensuite, il est important pour les personnes accompagnées de voir à qui elles parlent, de mettre un visage et d’être en face à face. Savoir aussi qu’il y a quelqu’un à distance, qu’il y a un contact possible avec un bénévole d’accompagnement quelque part, là où la solitude et l’isolement les envahissent et où ils se sentent submergés par la douleur.

L’entretien par Skype n’enlève en rien à la spontanéité de son interlocuteur et les rencontres sont très humaines. Elles permettent la reconnaissance de la personne qui est en deuil. Les personnes se laissent aller à vivre leurs émotions et à partager leur souffrance. Elles se sentent accueillies dans leurs mots et dans leurs ressentis, visuellement. Un lien se tisse.

Une expérience d’accompagnement concluante: Delphine Guéry de VSD LR

Une réelle confiance a pu s’instaurer entre les personnes qui vivent à des milliers de kilomètres et les bénévoles, elles témoignent toutes de l’aide précieuse que cet accompagnement apporte. Certaines personnes sont suivies en parallèle, par un psychothérapeute et il est important pour elles, disent-elles, d’être en lien avec une association qui accompagne les personnes en deuil afin de faire du lien. Elles se sentent davantage reconnues dans ce qu’elles vivent.

Les entretiens par Skype font partie du projet associatif de VSD LR pour l’année 2015, si vous vivez  dans un pays qui ne propose pas de lignes d’écoute francophone, vous pouvez contacter Delphine Guéry de l’association Vivre son deuil Languedoc-Roussillon.

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