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Vacances, retour en famille

Les vacances passées auprès de sa famille quand on vit à l’étranger durant l’année, ce n’est pas toujours si simple. Voici un article du Petit Journal sur les écueils des vacances à la “maison”.

Chouette, les grandes vacances sont là.  Au-delà de la chaleur des retrouvailles, le retour annuel dans l’Hexagone  réserve parfois  des surprises aux expatriés : déplacements incessants, vie en communauté, sentiment de décalage…  Réussir ces vacances tant attendues n’est pas si facile

Quand on habite au bout du monde, les grandes vacances marquent parfois le seul retour annuel dans la mère patrie. Tout le monde se fait une joie des retrouvailles avec la famille et les amis, salive à l’idée de retrouver son saucisson préféré, la baguette craquante et le camembert coulant. Dès l’école finie, l’exode des expatriés est massif et beaucoup de mères de familles rentrent pour une durée maximale, histoire de profiter de tous. Pour les enfants, retrouver la France permet de garder un lien physique avec leurs grands-parents, cousins cousines, oncles et tantes. Les périodes de vacances les aident à se situer dans la filiation, dans les générations, à garder une place dans leur famille élargie. Pour Claire de Hong Kong, “l’attachement aux grands-parents semble presque renforcé par le manque dû à l’éloignement“. Les photos, partages de nouvelles, échanges de mails ou autres coups de téléphones, ne remplacent pas ce contact. Les vacances permettent de recréer des souvenirs, de favoriser la profondeur des échanges.
M. de Bangkok avoue savourer ces bons moments : “les enfants sont très demandeurs, et chaque retour est une fête. C’est un retour aux sources qui fait un bien fou. Nous retournons à l’ancienne école des enfants afin qu’ils gardent le contact avec leurs amis. Dîner et fêtes s’enchaînent “.

Planification
Stéphane de Londres planifie ses vacances longtemps à l’avance pour être sûr de voir tout le monde : “Il faut optimiser. Pas facile pour les familles nombreuses de s’accorder sur un créneau. Les tractations commencent dès le mois de février. Et si l’on décide de louer avec des amis, c’est encore pire, il faut se mettre d’accord sur la date ET sur la région dans laquelle nous allons passer un peu de temps“. Cette planification n’est pas sans quelques inconvénients. Damien, de Norvège, regrette d’avoir trop d’obligations et de ne pas pouvoir plus improviser : “Mes parents planifient les moindres déplacements de mon séjour. Je ne suis plus en voyage mais en visite officielle“. Laure, d’Espagne, regrette d’être culpabilisée par son entourage : “quoi que l’on fasse, on nous reproche toujours de ne pas rester assez longtemps“. Dominique, de Singapour, a tenu à préciser à sa belle famille vendéenne, qui se plaignait de ne pas assez voir les enfants, qu’ils voyaient finalement encore moins leurs petits-enfants résidant à Marseille. Comme si la distance géographique donnait plus de devoirs à ceux qui sont loin…

Un tour de France épuisant
Les vacances des expatriés, qui veulent profiter de tout le monde, se transforment souvent en tour de France. Louise d’Istanbul explique son périple pour les vacances de Noël : “Périple est bien le mot qui convient : 1 jour à Lyon, 2 en Provence, 2 en Ardèche, puis re- 2 en Provence, puis 2 en Beaujolais, re- 2 en Ardèche, ensuite 4 à Lyon, et pour finir 2-3 sur la Côte d’Azur. Nous nous sommes dit “Plus jamais ça”, c’est usant, surtout lorsque notre bébé ne dort pas bien à cause de tous ces changements.”  Pour M. de Bangkok :”L’été, ma voiture, c’est ma maison. Je ne cesse de faire et défaire mes valises, c’est épuisant“. Cela peut être déstabilisant pour les enfants qui ne savent plus où ils habitent. Claire de Hong Kong s’étonne : “j’ai compris que je n’étais pas attendue comme je me l’imaginais. Beaucoup ne changent rien à leur programme pour nous voir et estiment que c’est à nous de nous adapter. On est parti, il faut qu’on assume, et qu’on se déplace“.

Légers décalages
Dans ces conditions, squatter  dans sa famille et chez ses amis n’est pas si facile : horaires des repas à respecter, remarques sur l’éducation des enfants… la vie en communauté, surtout si plusieurs générations sont réunies sous le même toit, n’est pas simple. De petits malentendus s’installent. Eric de Casablanca regrette un manque de curiosité : “Alors que j’avais tant de choses à raconter sur cette première année à l’étranger, la vie avait continué en France sans changements particuliers, et l’on attendait de moi “que je ne la ramène pas”. J’ai donc pris l’habitude d’attendre que l’on me pose des questions“. P. de Singapour n’a pas apprécié les réflexions sur sa vie dorée à l’étranger : “On s’étonne de me voir préparer un repas ou passer l’aspirateur, comme si j’avais totalement perdu le sens des réalités. On peut profiter de l’aide d’une employée de maison en Asie sans pour autant devenir une princesse“. Anne, qui vit à Buenos Aires, écrit dans son blog : “[ces retrouvailles estivales] ne sont pas exemptes de ressentiments et rancœurs non avoués qui pendant tout le séjour sur Terre (la France) empoisonneront pernicieusement les relations. C’est qu’il est difficile de vous pardonner d’avoir déserté la scène familiale et d’élever vos Chérubins loin de leurs grands-parents. D’ailleurs au fil des conversations vous vous apercevez que la famille de Gaston est persuadée qu’il se sacrifie pour vous, (…). Et votre famille à vous est convaincue que vous vous sacrifiez pour la carrière de Gaston. Il ne leur vient pas à l’esprit que vous puissiez être sur la même longueur d’onde et trouver tous deux intérêt à vivre loin de la Terre et, entre autres, de vos familles respectives“.

Pour profiter de tous, sans craquer, certains expats au long cours finissent par préférer une formule qui leur permet de recevoir sans se déplacer sans cesse. Eric de Casablanca explique : “Après plusieurs années à l’étranger, nous avons éprouvé le besoin d’avoir un pied-à-terre. Je ne supportais plus de passer toutes mes vacances en communauté, à squatter chez les autres. Nous pouvons maintenant recevoir famille et amis, c’est un bonheur. Mais ces visites se succèdent à un tel rythme qu’à la fin de l’été on n’en peut plus de faire table et chambre d’hôtes. On envisage maintenant de réserver des semaines pour être seuls chez nous, un comble !
Finalement, c’est un vrai bonheur de rentrer chez soi à la fin des vacances !

http://www.lepetitjournal.com/homepage/expat/59291-vacances-squatter-chez-sa-famille-et-ses-amis-comment-ca-se-passe-.html

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