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Le retour après une expatriation

Après quelques années passées en expatriation, la question du retour se pose. Imposé ou choisi, ce retour n’est pas toujours facile à vivre et est source d’inquiétudes tant sur le plan professionnel que personnel. Mieux vaut s’y préparer.

Voici un article de l’express sur les moments  et émotions difficiles par lesquelles les expatriés de retour passent.

Le retour est compliqué par des formalités et tracasseries administratives, par des problèmes de réinscription scolaire pour les familles avec enfants, par des difficultés de réadaptation climatique, par une certaine gêne dans les rapports avec les anciens amis, par le souci de retrouver un logement à son goût et des conditions matérielles de vie semblables à celles qu’on avait dans le pays d’expatriation.

A l’étranger, l’expatrié bénéficie généralement d’un cadre de vie privilégié qu’il a du mal à retrouver à son retour au pays : “On était mieux logés ; il y avait une domestique qui faisait tout, qui gardait les enfants le soir, qui préparait le petit déjeuner le matin, etc. La vie sociale était riche, on sortait dîner un soir sur deux et on partait en voyage au moins une fois par mois. Et puis le climat était idéal, là-bas c’est l’été toute l’année”, se rappelle ce cadre bancaire rentré de Singapour.La dégradation des conditions matérielles et les problèmes administratifs semblent être à l’origine du premier “choc du retour” ; “mal vécu”, “compliqué”, “frustrant”, tels sont quelques-uns des qualificatifs employés par les expatriés pour évoquer cette expérience.

Une période durant laquelle la cohésion familiale joue un rôle capital : Le couple, en règle générale, ayant subit l’épreuve de l’expatriation, est suffisamment soudé pour affronter les tensions liées au retour. Une réadaptation rapide des enfants et leur réussite scolaire apportent une satisfaction qui souvent compense les aspects négatifs.Une rupture avec les amis restés en France.

En revanche, les rapports avec les anciens amis, même ceux d’enfance, sont souvent affectés, et la plupart des expatriés sont enclins à se détacher de ces “vieilles” amitiés au profit de nouvelles relations, nouées avec des personnes ayant séjourné à l’étranger : “Il est plus simple de garder un contact avec les gens qui ont aussi connu une expérience internationale”, confie une épouse d’expatrié ayant vécu pendant deux ans à l’île Maurice. “On a davantage d’atomes crochus avec les gens qui ont bougé”, confirme un autre expatrié en partance pour la République tchèque. “C’est comme s’il y avait une frontière invisible entre nous. A mon retour, je me trouvais en complet décalage même avec mes amis autrefois les plus proches”, souligne ce cadre revenu du Japon. “A l’étranger, les gens se rencontrent très souvent. L’un des problèmes de l’expatriation, ce peut être un déficit dans la construction de réseaux professionnels ou amicaux dans son propre pays”, explique ce cadre d’un groupe américain fabriquant du mobilier de bureau, en partance pour les Etats-Unis après avoir travaillé en Asie et en Europe.

Parfois, la rupture est encore plus nette, et le sentiment de distance est renforcé à chaque nouveau retour : “A mon arrivée, je n’étais plus du tout en phase avec les Français. C’était encore pire que la première fois. Maintenant, mes amis sont très internationaux. J’ai du mal à avoir des affinités franco-françaises. Je ne me sens plus compris par les Français”, témoigne cet expatrié revenu depuis plusieurs années, mais désireux d’une nouvelle expérience à l’étranger. Décalage aussi avec l’entourage : Ainsi, ce salarié français qui regrette, en retrouvant son pays, que désormais ses compatriotes lui apparaissent “négatifs, arrogants, et se regardant le nombril”.

Pas étonnant, dès lors, que la réintégration dans le pays d’origine soit souvent interrompue par le désir de repartir et de se retrouver de nouveau en situation d’expatriation. “On ne se méfie jamais assez du retour. Il doit être préparé au moment où on quitte le pays”, résume un ancien expatrié ayant lui-même vécu plusieurs retours difficiles.

Contrairement à ce qui prévaut sur le plan personnel, la plupart des témoignages recueillis ne font pas état d’un vécu professionnel particulièrement difficile lors du retour. La vie des expatriés étant rythmée par des challenges professionnels, retourner au pays ou enchaîner sur une nouvelle expatriation correspond en général à une opportunité de carrière. Toutefois, pour certains expatriés, cela ne s’est pas passé comme ils l’espéraient : “Le retour à Paris n’a pas été très facile. Je ne trouvais pas mon compte dans mon nouveau poste, il y avait une sorte de barrière.” Ce salarié qui a travaillé à Hongkong confirme qu’au retour on se trouve confronté au sentiment d’indifférence de ses collègues et pénalisé par des réseaux qui ont changé, par des services qui ont été réorganisés.

De nombreux témoignages évoquent aussi les difficultés à partager une expérience d’expatrié(e) avec ceux qui ne l’ont pas vécue, phénomène auquel on ne s’attend pas et qui conduit à l’isolement et au repli sur la communauté des expatriés : “Les gens me posaient des questions, mais, quand je leur racontais mon expérience, ils perdaient le fil. J’essayais de trouver des mots pour leur expliquer, mais je ne savais pas comment faire.” Dans la vie des expatriés, il y a donc bien un avant et un après dans la relation avec les autres au moment du retour. Les nationaux qui n’ont pas connu l’expatriation deviennent des étrangers.

Les récidivistes des allers-retours: Cet aspect est d’autant plus marqué chez les expatriés “récidivistes” pour qui la vie n’est plus qu’un cycle de départs et de retours. La succession des séjours à l’étranger et des retours au pays devient une échappatoire, une nécessité pour garder son équilibre : “Quand je suis à l’étranger, je suis content, mais quand j’en reviens, je ressens une certaine satisfaction. Puis, au bout d’un moment, j’aspire à repartir à l’étranger. Cette alternance me convient”, explique cet expatrié d’une entreprise allemande résidant actuellement en Thaïlande.

Des rapports équivoques s’établissent souvent entre les expatriés et leur pays, phénomène particulièrement vrai pour les Français : critiques à l’égard du système éducatif de la France, ils sont prêts à y revenir pour donner une éducation française à leurs enfants, ou encore à laisser les enfants déjà scolarisés en France durant leur période d’expatriation. En revanche, ils sont peu tolérants – voire insolents – dans le regard qu’ils portent sur la société française.

Retrouvez l’article dans sa totalité : http://lexpansion.lexpress.fr/carriere/expatriation-l-epreuve-du-retour_256697

Vous vous sentez concerné, vous souhaitez échanger et parlez?

Groupe de Parole Shanghai vous propose d’en parler entre-vous le mardi 24 Avril 2012.
Inscription et contact: groupedeparolesh@yahoo.fr

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