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Le défit de l’apprentissage de la langue chez les enfants dans un contexte multiculturel

Qu’il s’agisse de couples mixtes ou d’expatriés au long cours, l’enfant se retrouve dans un contexte de multilinguisme. Quelle choix faire de la part des parents, quelle méthode avoir? La solution parfaite n’existant pas nous vous proposons de brosser les solutions imaginées par les parents au quotidien.

Voici un article du Petit Journal très complet regroupant des témoignages de parents.

Couples mixtes avec enfants ou tribu résidant à l’étranger depuis longtemps, de nombreux foyers sont bilingues, voire multilingues. Le langage de ces familles intrigue. Comment construire son identité à partir de deux langues ? Comment transmettre sa culture et s’adresser à ses enfants ? Nos lecteurs témoignent de leur expérience Difficile de connaître exactement le nombre de familles d’expatriés, mixtes ou immigrées concernées par les questions de bilinguisme. C’est pourtant, avec la mondialisation, un phénomène de plus en plus fréquent. Lorsque l’on vit à l’étranger, la question du choix des langues à apprendre, à transmettre ou à conserver se pose de façon aigüe. Il n’y a pas de “recettes” dans les témoignages qui suivent, chacun apportant sa propre réponse à des situations toujours singulières. La famille de Caroline, par exemple, n’est pas tout à fait comme les autres : “Recomposée il y a 7 ans, il y a une maman française, un papa (et en même temps beau papa) turc, un enfant français de 17 ans et deux petits enfants franco-turcs. Compliqué n’est-ce pas ? Lorsque les passants nous écoutent, ils doivent avoir bien du mal à s’y retrouver. La maman parle français avec son premier fils, elle parle aussi français avec ses deux petits franco-turcs. Mais elle parle anglais avec son mari, anglais au travail, et turc avec ses collègues et amis. Nous passons parfois pour des extra terrestres. Mon plus grand fils est arrivé à Istanbul il y a 7 ans et a dû se mettre non seulement à l’anglais pour communiquer avec son beau-père, mais aussi au turc pour pouvoir communiquer dans son nouveau pays d’accueil. Rémi, 2 ans, comprend déjà aussi bien le français que le turc. Il ne lui manque plus que la parole. Quant à Melisa, 6 mois, elle est sur le chemin du multilinguisme. Pour nous, la priorité reste que chaque enfant, dans un complexe lingual difficile, puisse s’enrichir des deux langues parentales rapidement”. photo © Henrik Sorensen/cultura/Corbis Une capacité d’adaptation innée ? Immergés dans plusieurs langues, les enfants s’adaptent souvent très naturellement à leurs interlocuteurs et à leur environnement. Flore explique : “Un père texan, une mère auvergnate, un environnement californien : l’anglais et le français pour nos deux fils (12 et 6 ans) qui gèrent très bien l’utilisation de leurs deux langues au quotidien. Ils sont tous deux capables de s’adapter instantanément aux gens et aux situations en fonction de la langue parlée. Ils disent tous les deux se sentir français quand ils sont en France (même si on les appelle les petits Américains) et américains ici (même s’ils sont étiquetés Français)… mais Américains décalés”. Pierre-Charles et Beatriz ont fondé une famille franco-espagnole : “Nos enfants ont reçu le langage maternel, l’espagnol, dès leur naissance et le français de part le papa et leur lieu de vie. Ils ont très vite assimilé l’espagnol non seulement grâce à leur mère mais aussi à toute la famille espagnole où nous passons régulièrement du temps et où personne ne parle français. Depuis leur naissance ils font la différence entre les deux langues et les deux cultures. Très tôt si un Français leur parlait en espagnol ils étaient surpris et répondaient en français et vice versa en espagnol.” Une langue dominante Valérie D., depuis 20 ans en Allemagne, forme un couple mixte avec son mari, et a 2 enfants âgés de 15 et 12 ans. Selon elle, “de manière générale, dans toutes les familles, il y a une langue qui dès le début s’impose comme étant dominante. Soit c’est la langue du pays, parce que c’est la langue que les deux partenaires utilisent pour se comprendre. Soit c’est une des deux langues maternelles, dans la mesure où l’un des deux partenaires a un niveau plus élevé dans la langue étrangère que l’autre et de ce fait la communication est plus facile. Dans mon cas, c’est l’allemand qui s’est imposé, parce que je pouvais mieux m’exprimer en allemand que mon partenaire en français. Nous avons au début essayé de maintenir la balance entre les deux langues, mais dans le quotidien, tout était plus facile en allemand, d’autant plus que c’était la langue de l’environnement.” C’est le cas aussi pour Sylvie, dont le mari est également allemand : “Mon mari et moi parlons allemand entre nous car il ne parlait que très peu français au début. Depuis il a beaucoup progressé mais l’allemand continue de dominer. Il était plus important pour moi que mes enfants aillent à l’école allemande du quartier afin d’avoir des copains tout près que de courir à l’autre bout de Freiburg pour aller dans une école bilingue. Du coup ils parlent mieux allemand que français mais peuvent parfaitement se débrouiller avec leurs cousins l’été en France. Depuis 2 ans l’ainé va au lycée franco-allemand et le second va l’y rejoindre en septembre. Du coup, le français revient en force.” Imposer une langue… La méthode OPOL (one-person-one-language) recommande que chacun des parents parle uniquement sa langue à ses enfants. C’est certainement efficace pour poser, clairement, les langues parlées à la maison. Grégoire, qui vit en Allemagne avec sa femme originaire du Pérou, parle français à son fils de 20 mois. “Notre pédiatre nous a demandé de continuer comme cela jusqu’á l’âge de 6 ans. Ensuite il comprendra que papa peut parler Espagnol ou Allemand, de même pour maman”. Idem pour Brigitte qui a vécu plusieurs années en Colombie : “par élan naturel, quand mon fils est né chacun lui a parlé dans sa langue maternelle et notre fils a développé la compréhension des deux langues en parallèle”. Ariane, deux enfants, depuis 10 ans en Australie, estime qu’il “faut une discipline et des règles pour conserver la langue natale, si l’on n’a pas la possibilité de la faire enseigner par des professionnels. Notre fille née ici, totalement bilingue, a eu comme règle de nous parler uniquement en français, l’anglais étant ignoré lorsqu’elle l’utilise (à moins d avoir un/une camarade anglophone avec elle)”. “Dès le départ, nous nous sommes attachés à parler uniquement notre langue maternelle respective à nos enfants, précise Flore. Ils sont tous deux des bilingues parfaitement équilibrés (pour l’instant). L’anglais n’a pas pris le pas sur le français, parlé à la maison, avec les copains franco-américains… Les deux frères se parlent en français 90 % du temps, le passage à l’anglais est vraiment exceptionnel. Le pli a été pris des le départ, sans être imposé du tout. Mon fils de 12 ans lit et écrit parfaitement le français (merci le Cned !). Son petit frère suit le même chemin, ce qui est rassurant. » Mais parler sa langue maternelle ne va pas toujours de soi. Cela a même été difficile pour Valérie D. : “Lorsque nous avons eu des enfants, j’ai voulu leur transmettre ma langue maternelle, et donc j’ai du me forcer à reparler français au quotidien. Dans la pratique, cela m’a demandé de gros efforts, afin de passer d’une langue à l’autre, puisque les conversations en famille complète ont continué à se dérouler en allemand. J’ai tenu bon quelques années, aussi longtemps que les enfants sont allés dans une école primaire bilingue, afin de soutenir leur apprentissage de la langue. Mais dès qu’ils sont passés dans le système scolaire allemand “normal”, l’allemand a repris très nettement le dessus et franchement je ne vois plus trop la nécessité de me donner autant de mal.” Dès l’entrée de l’enfant à l’école, en effet, les parents ont moins d’influence sur le choix de la langue de leur enfant et l’une des langues parentales peut être éclipsée au profit de la langue parlée à l’école ou dans le pays d’habitation. … ou rester souple S’il est important d’avoir une méthode linguistique pour commencer, il faut savoir s’adapter à l’agrandissement et à l’évolution de la famille. De nombreux parents commencent avec l’OPOL, puis évoluent vers une méthode mixte lorsque leurs enfants s’expriment dans les 2 langues. Les enfants de Sylvie “parlent plutôt allemand mais passent souvent au français pour me faire plaisir. Je ne les ai jamais obligés à parler français, je trouve plus important que mes enfants aient envie de me parler peu importe la langue qu’ils utilisent.” Pour Fabienne, de Dublin, il ne faut “jamais les forcer à répondre dans la langue que vous souhaitez ; du moment qu’ils vous répondent cela veut dire qu’ils comprennent et ils parleront cette langue quand ils seront prêt”. Odile préfère “pratiquer à la maison la langue qui l’est le moins à l’extérieur. Dans notre cas, nos enfants sont immergés en école publique catalane et nous parlons entre parents en castillan. Je m’adresse donc à mes enfants en français (en général) pour compléter le tout. Après vous avez 2 écoles qui consistent à uniquement leur parler en français et les forcer à répondre dans la même langue (en feignant de ne pas comprendre el catalan) ou bien d’avoir recours aux 2 autres langues ponctuellement pour être sûre de bien se faire comprendre. J’imagine que la 1ère solution est plus efficace, mais pas un certain laxisme personnel, j’ai choisi la 2ème”. Blocages Au sein d’une même famille bilingue, il arrive que certains enfants préfèrent parler une langue plutôt qu’une autre, voire refusent de parler une des langues. Pour Valérie D., “les enfants passent par différentes phases dans l’apprentissage d’une langue et dans bien des cas répugnent à parler dans une deuxième langue, en particulier quand il y a des spectateurs, parce qu’ils ont l’impression de ne pas être comme les autres. Il faut donc tenir bon soi-même, continuer à s’exprimer dans la langue étrangère et tout du moins encourager de cette façon leur apprentissage passif. Dans d’autres situations, par exemple lors de voyage en France, mes enfants se sont mis tout naturellement à parler en français, dès qu’ils savaient que leur interlocuteur ne comprendrait que cette langue et qu’ils n’avaient pas d’autre choix.” Les deux garçons d’Anne, 6 et 4 ans, ont un père turc : “Les enfants sont plus à l’aise en français. Notre second a jusqu’à cette année fait un petit blocage en turc, refusant de le parler même avec son père qui est peu présent car revenant seulement pour le coucher et n’est disponible que le dimanche. Nous l’avons remis à la garderie turque et en 2 mois il s’est remis à niveau.” Un enfant peut se sentir plus proche culturellement d’une langue ou d’un parent. Ou alors il peut avoir des amis qui ne parlent qu’une seule langue, ce qui lui fait abandonner temporairement l’autre langue. D’autres enfants trouvent une langue plus facile que l’autre et se sentent plus à l’aise pour l’utiliser. Les préférences peuvent varier dans le temps selon des facteurs extérieurs comme des amitiés nouvelles ou un changement de langue scolaire. Odile estime qu’il ne faut pas “se braquer lorsque l’enfant refuse de répondre dans telle ou telle langue: normalement avec les échanges culturels et familiaux, il est amené peu à peu à utiliser tous les outils en sa possession de manière naturelle. Cela évite de mettre une étiquette punitive sur une des langues pratiquées à la maison. En résumé, l’utilisation de différentes langues par des enfants est à mon avis fonction de l’ouverture culturelle que l’on y associe, ainsi que des bons souvenirs que l’enfant y pourra rattacher. L’intérêt que cela réveillera en lui doit évidemment être renforcé par des cours plus théoriques qui permettront d’affiner sa maîtrise de la langue.” © Oliver Eltinger/Corbis Un langage propre à chaque famille “Au fil du temps un langage qui nous est propre s’est installé entre nous 4, explique Pierre-Charles. En effet, nous parlons aussi bien entre nous dans les deux langues, dans une conversation à 4, aucun n’est lésé. Mais nous passons facilement dans une même phrase du français à l’espagnol et vice versa. Surtout nous utilisons certains mots uniquement dans l’une des deux langues car dans la langue choisie, ce mot est plus proche de la réalité de ce que l’on veut exprimer et bien souvent nous avons du mal à traduire ce mot dans l’autre langue. Nous savons bien que cette dérive n’est pas préconisée, mais finalement, elle crée un lien particulier entre nous 4”. “Les conversations à table sont assez cocasses, estime Flore. Nous passons de l’anglais au français avec beaucoup de souplesse, en fonction de nos interlocuteurs.” La famille de Justine, bilingue français-espagnol, a aussi un “sabir qui nous est propre. Je ne pense pas que ce soit une très bonne chose pour l’apprentissage correct des enfants, mais c’est inévitable… Notre propre langage est de moins en moins correct nous faisons des erreurs de grammaire (dues à la confusion entre les 2 langues) et nous inventons des mots… C’est surtout la langue du pays où l’on n’habite pas qui est abîmée, dans notre cas le français.” “Bien souvent, nos amis catalans rigolent de nous entendre parler avec les 3 langues dans la même phrase, sourit Odile. Et je dois dire que chez nous, cela donne également lieu à des séances de fous rires garantis !” Chez Odile, le français, l’espagnol et le catalan “se mêlent dans un patois très personnalisé. Et du côté des enfants, la confusion est assez importante jusqu’à l’âge de 4/5 ans. Cela donne naissance à de très beaux mots, comme chez nous les “couperas”, mélange de “couper” et “tijeras”.” Pour Pierre- Charles, “lorsque l’un des parents veut faire comprendre aux enfants qu’ils arrivent à une limite à ne pas dépasser, ils s’expriment dans leur langue maternelle, sans mot parasite de l’autre langue. Les enfants repèrent tout de suite ce langage et comprennent que la limite est atteinte. Et ce depuis leur tendre enfance…. Ceci comme exemple de code qui s’est instauré naturellement et que nous sommes seuls à comprendre, et qui influe directement sur nos comportements.” Jean-Marie vit en Thaïlande depuis décembre 2009 : “N’ayant pas un bon niveau d’anglais (tout comme ma compagne Thaï), nous avons mélangé des mots de Thaï et de Français dans notre langage courant. Ce n’est donc plus du Franglais, mais du FranThaïGlais… La base restant quand même l’anglais. Plus aucun problème de compréhension entre nous deux, mais nous devons faire attention à ne parler qu’anglais avec nos amis d’ici. Et il faut reconnaitre qu’il nous est parfois difficile de les comprendre s’ils parlent trop vite. Je me rends compte que mes vocabulaires anglais et thaï s’enrichissent de jour en jour, le seul problème c’est qu’à 62 ans, la mémoire n’est plus la même”. Anne, d’Ankara, ne mélange pas les langues, “sauf peut-être pour des choses typiquement turques qui n’existent pas en France. Par contre, avec mon mari, nous pouvons avoir des conversations un peu “gloubiboulga” ou tout est possible dans une même phrase ! Mon mari sera aussi plus souple dans l’utilisation du turc mélangé au français avec les enfants. Du coup, il arrive que les enfants conjuguent des verbes français avec les terminaisons turques dans une phrase turque !” “Nous imitons l’accent français en allemand ou l’inverse l’accent allemand en français, rien que pour rigoler, explique Valérie D. Cela peut aussi conduire à certains mélanges, mais tout cela est bien conscient et voulu.” Valérie B. tempère : “Le sabir auquel nous devons faire face tous les jours n’est pas à la maison : c’est celui de nombreux Français adultes à l’étranger qui enchaînent barbarismes sur barbarismes – du style : « je vais t’introduire à un tel » (quelle obscénité !) – ; qui mélangent couramment les deux langues ; et qui écrivent leurs emails en français avec des fautes d’orthographe et/ou de syntaxe”. Des mots plus doux dans une langue “Nous avons des mots qui restent allemand dans les deux langues comme Kindergarten ou Bagger!, explique Sylvie. Tout ce qui relève de la voiture est en allemand parce que ça ne m’intéressait pas avant, quand j’habitais en France!! Les langues changent en fonction du domaine concerné: la cuisine est en français, l’école et le boulot en allemand). Mon mari adore certaines expressions françaises comme “ça m’énerve!” alors il les emploie aussi au milieu d’un discours allemand. Quand on joue, on parle français si le jeu est français et allemand si le jeu est allemand. Dans certains registres, c’est le français qui domine (comme pour câliner par exemple: bisous et calins n’ont chez nous pas d’équivalent allemand !)”. Chez Brigitte, “nous choisissons parfois l’expression la mieux ajustée à notre opinion indifféremment dans une langue ou dans une autre entre nous deux; Avec mon mari qui ne parle pas français …juste l’espagnol …mais avec les variations entre l’espagnol d’Espagne et l’espagnol colombien qui ne sont pas des moindres !” La famille de Pierre-Charles utilise certains mots plus volontiers en espagnol, comme “Un abrazo, Hasta siempre, A mesa puesta, madrugar, almorzar” et d’autres plus en français : “Abîmé, accueil chez l’habitant. Voici le type de phrase que nous produisons entre nous: “Elle l’a pris con cariño”,”on va faire un paseo!”,”tenemos une chambre d’hôtes”. “ce week-end on va au pueblo” (summum : anglais + français + espagnol, ils sont fous ces Romains!!!)” Le bilinguisme, une chance ! Pour Anne, “c’est une chance pour des enfants de connaitre depuis la naissance plusieurs langues et cultures. Donc oui, c’est important que les enfants puissent être a l’aise dans les deux langues même s’il y en aura toujours une plus dominante que l’autre”. Elle a imposé la scolarisation de ses enfants à l’école française : “ça n’était pas négociable lorsque nous avions discuté d’avoir des enfants. Mon mari ne connaissait pas le système éducatif français (qui est très différent du système turc) mais a accepté ce choix et est maintenant ravi de voir comment cela se passe à l’école.” “Avec dans l’idée qu’une langue (et tout ce qui la constitue) construit un individu, nous avons voulu opter pour que nos enfants soient élevés dans la richesse d’une bi-culturalité quotidienne, explique Flore. Respect de chaque culture, tolérance pour les différences, connaissances intuitives des codes de conduite selon qu’ils se trouvent en présence de locuteurs américains ou français…” Pour Pierre-Charles, “Nous avons la chance grâce à la proximité des deux pays et de nos familles respectives de profiter des deux cultures et modes de vie. Nous passons de l’un à l’autre sans nous en rendre compte. La disparition de la frontière, l’arrivé de l’euro, l’accès aux chaînes de TV des deux pays, internet, … nous facilitent le plaisir de l’accès à ce mélange linguistique et culturel. Pour faire profiter notre expérience et notre plaisir, nous avons depuis 2007 ouvert notre organisme privé d’échange culturel* entre la France et l’Espagne, et la mise en relation “sur mesure” des personnes et familles, françaises et espagnoles, désireuses de partager l’enrichissement d’un échange, d’un accueil ou d’un séjour”. Fabienne renchérit : “Mon enfant aura le français à la maison et avec moi et l’anglais en crèche et à l’école. Cela est un grand avantage et leur permet à la fin de leur primaire de prendre une 3ème langue, cela peut leur ouvrir des portes pour leur avenir.” Il est en effet généralement admis que l’acquisition d’une langue est plus facile pour ceux qui ont déjà acquis une deuxième langue et qui peuvent bénéficier de cette expérience. Difficile de conserver la langue maternelle Pour Anne, “il y a forcement, je crois, un impact sur la langue lorsque l’on vit depuis longtemps à l’étranger. Une langue va avec une culture. En vivant en Angleterre et en Turquie, j’ai assimile d’autres langues mais aussi des cultures (des tournures de phrases, des expressions, des façons de penser…) qui d’une façon ou d’une autre vont transparaitre quand je parle français. Mais il y a une envie de ma part de rester un peu française malgré le temps passe et les distances.” “Maintenir sa langue maternelle à l’étranger est une tache DIFFICILE mais pas insurmontable, renchérit Flore. Je lis et travaille en français la majeure partie du temps, ce qui aide à rester à niveau. Il nous semblait primordial que nos enfants parlent français car la langue en elle-même n’est que la partie émergée d’un iceberg culture-racines. La langue est vecteur d’une identité, elle ancre les racines et les origines d’un individu, dépasse les seuls enjeux de la parole seule”. Caroline est à Istanbul depuis 7 ans : “je me rends compte que mon niveau de langue française baisse sensiblement, je cherche plus mes mots qu’avant lorsqu’il s’agit d’un vocabulaire technique ou très littéraire. J’ai l’occasion de parler et écrire le français dans le cadre de ma profession heureusement. J’essaie cependant de multiplier les contacts en français et de lire des livres ou des revues régulièrement. Dès que je rentre en France, je n’ai de cesse que de parler à tout le monde et d’aller au cinéma. Tous ces moyens sont primordiaux pour garder un niveau de langue satisfaisant, dans un environnement multilingue.” “Pour garantir que le niveau de français de mes enfants soit un minimum correct, à défaut de les mettre au lycée français, tous les moyens sont bons, estime Odile. Télévision en français, cours de français (pour savoir l’écrire), et séjours en France pendant les vacances. C’est particulièrement efficace”. “Nous tenons absolument à ce que nos enfants ne perdent aucunes des 2 langues/cultures qui composent notre famille, explique Justine, et pour cela le mieux ce sont évidement des voyages fréquents (si possible), des situations dans lesquelles ils sont seuls confrontés à l’une ou l’autre langue, avec les grand parents par exemple qui eux ne sont pas bilingues. Et finalement, et malheureusement aussi, les DVD de dessins animés sont bien pratiques aussi quand à l’apprentissage de la langue, il faut savoir choisir des dessins animés au vocabulaire soigné (ex : les Barbapapas en Français emploient un langage très correct.) Dans notre cas, l’assistance de nos enfants au lycée Français est aussi fondamentale, sans cela je pense que le français se perdrait peu à peu…” Pour Ariane, “conserver la langue maternelle me semble essentiel dans la transmission de la culture… De nos jours, nous sommes plus “citoyen du monde” que d’un pays, mais notre Histoire, culturelle ou personnelle met du sens à nos vies. Des initiatives comme les classes bilingues dans une école publique australienne sont remarquables et méritent d’être soutenues/ encouragées par notre consulat. Le CNED est aussi très utile mais nécessite une discipline de travail des enfants. Et des parents…” “Le seul moyen de garder sa langue a l’étranger ? La pratiquer, conclut Flore. La faire vivre au quotidien, sans la considérer comme un exotisme décalé. La considérer presque comme un être vivant : en la chouchoutant, la partageant, l’échangeant, en continuant à l’aimer, non pas comme une oeuvre d’art posée sur un piédestal, mais bel et bien comme un outil unique constructeur positif d’identité”.

http://www.lepetitjournal.com/homepage/expat/95908-expat-le-langage-des-familles-bilingues-.html

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