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l’expatriation à l’adolescence: un récit

Voici un petit récit qui date un peu, mais qui est très vivant, écrit par un adolescent, sur l’expatriation vécue à différents âges. l’expatriation à l’adolescence peut être très bien vécue, malgré tout ce que cela implique.

Parents, montrez le coté positif de l’expatriation à votre/vos enfant(s). Laissez-le se renseigner sur le pays, éventuellement selon son âge visiter les forums de discussion, ou il pourra se faire une idée concrète de la vie des jeunes expatriés sur place.

L’idéal serait de l’amener à participer avec vous au projet d’expatriation.

Sylaa (son pseudo !) aura 18 ans en juin 2006 pendant les épreuves du bac. Elle nous raconte sa scolarité à Hong Kong, St Germain en Laye puis Shanghai, mais aussi ses impressions de Chine !

Wo Ai Zhong Guo (J’aime la Chine)
Il faut avouer que la vie que j’ai menée en Chine m’a apporté bien plus que ce que je ne l’aurais imaginé. Dix-sept ans, toutes mes dents, en terminale L à l’Ecole Française de Shanghai. Je vis à Shanghai depuis presque trois ans.

Ma vie à l’étranger se résume à : Neuf ans à Hong Kong et trois ans à Shanghai, soit douze ans en Chine. Hong Kong fut ma première expatriation : à peine 3 mois après ma naissance déjà je me trouvais en Chine. J’ai donc toujours connu la Chine et n’avais jamais vu la neige jusqu’à l’âge de neuf ans.

Hong Kong… Seules quelques bribes de souvenirs me reviennent. Bien sûr, la grande école Victor Segalen, le marché de Wan Chai avec ses bouchers et ses vendeurs de légumes, le football club, et bien sûr les balades ensoleillées en jonque. A l’époque, Hong Kong était un territoire britannique, ce qui m’a permis d’apprendre l’anglais et d’arriver à l’aisance que j’ai maintenant dans cette langue. J’ai, en effet, fréquenté un jardin d’enfant anglophone : j’étais constamment exposée à l’anglais à l’école et à la maison avec l’ « ama » (nounou philippine parlant anglais), la personne qui s’occupait de moi. Je dirais même que c’est devenu ma deuxième langue « maternelle ». Par la suite, je continuais à la pratiquer en France dans une section spéciale bilingue, assistant à des cours d’histoire et de littérature anglaise sans aucun problème.

Puis, alors que je n’avais que neuf ans, nous sommes retournés en France pour habiter à St Germain en Laye où nous sommes restés 6 ans. Un beau jour, on nous annonça notre déménagement à Shanghai…à mon grand désarroi. A 15 ans, j’étais plus que réticente à l’idée de devoir reconstruire une vie là-bas, allant même jusqu’à chercher des solutions pour rester en France …Le pensionnat ne m’effrayait pas, c’est dire !

Puis, tout s’est bousculé : le départ et les « ce n’est qu’un au revoir mes frères » terminés, nous emménageâmes maison #35, Hong Mei Lu. Bonjour Chine ! Je regardais tout cela d’un œil noir. Jusqu’à ce qu’un basculement s’opère….. Et la nostalgie de la France s’envola rapidement : En effet, deux semaines après la rentrée je m’étais réellement bien intégrée. Je n’aimais pas l’avouer, mais j’étais ravie.

Pour la rentrée 2005, il y eut certains changements : nous avons emménagé dans une école flambant neuve, ayant maintenant l’aspect d’un campus européen. La particularité de l’école française de Shanghai est que nous la partageons avec les Allemands. Chacun a ses cours, mais on a l’opportunité d’apprendre à connaître d’autres personnes que des Français.

Actuellement en terminale L, mes journées s’avèrent être biens remplies : levée à 7h, je prends mon scoot(er) pour me rendre aux cours qui commencent à 8h : ayant le privilège d’habiter près de l’école, je n’ai pas à prendre de bus comme la plupart des gens de ma classe. Toutes terminales réunies, nous sommes une vingtaine d’élèves, ce qui est peu comparé aux Premières qui sont déjà le double ! C’est cette ambiance « famille » que j’apprécie beaucoup ici et qui diffère de la France où nous étions 6 classes de 35 élèves! L’école s’est agrandie en raison de la montée des effectifs, qui sont passés de 23 élèves à 850 en 6 ans. Ce qui, il faut avouer, m’a toujours impressionnée.

Concernant mon emploi du temps : j’ai des journées entières du lundi au vendredi (il n’y a pas d’après-midi de libre le mercredi comme en France) et nous avons des DST de 4h (Devoir Sur Table) tous les samedis matins. Les cours se terminent soit à 15h soit à 17h (même si certains chanceux sans options peuvent terminer à midi). Concernant les épreuves du baccalauréat : Elles se passent toutes à BeiJing (car Shanghai n’est pas centre d’examen). Nous restons sur place deux semaines dans un hôtel à deux pas de l’école française de Pékin : nous passerons les épreuves pendant la première semaine et attendrons les résultats la deuxième.

De plus en plus de gens viennent vivre à Shanghai et… Ils n’ont pas tort ! Dite capitale économique de la Chine, Shanghai est une ville en pleine explosion et qui, à mon goût, est riche de découvertes.

Quand on pense à la Chine, on pense loin et chapeaux pointus mais c’est bien plus que cela. Ce sont aussi les gratte-ciels à coté des temples bouddhistes, les chinois (pleins de bonnes et mauvaises surprises) et pour ceux de mon âge, c’est le shopping bon marché, les boîtes, les expos avec un sentiment de sécurité partout dans la ville. L’école s’adapte au pays dans lequel elle est implantée d’où quelques vacances en plus (par exemple : la fête du nouvel an chinois). Il faut dire aussi que comparé aux Chinois, on est tout le temps en vacances !

Attirée par les langues en général, j’apprends le chinois à l’école en option LV3. C’est une langue fascinante qui s’éloigne tellement des langues telles que l’espagnol ou l’anglais. Pour moi, le chinois fait parfois office de véritable chant : composé de quatre tons, on se doit de les respecter pour pouvoir se faire comprendre. On apprend les idéogrammes qui reflètent un sens très précis et qui possèdent une grande signification pour les Chinois : s’ils ne comprennent pas votre prononciation, écrivez le caractère et c’est bon, le sens ne fera plus aucun doute.

A Shanghai, les boutiques et autres petits marchés sont ouverts 7j/7j… C’est cette accessibilité que j’adore ici et qui facilite extrêmement les choses. Notamment l’avantage de pouvoir prendre un taxi n’importe où pour l’équivalent de 5 euros grand maximum ! Quelques kilomètres à faire pour rejoindre quelqu’un dans le centre ville ? Hop un taxi ! Et à l’heure en plus !

Je me souviens extrêmement bien de ma grande réticence à l’idée de quitter la France pour retourner en Chine, quitter mes amis et ma petite routine de vie… Et maintenant c’est l’inverse, je suis réticente à l’idée de devoir retourner en France pour ma prépa littéraire… Mon adaptation à l’école s’est faite tellement vite et j’aime tellement la Chine que… non…rien de rien…non ….je ne regrette rien.

Sylaa

http://www.expatclic.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1269:sylaa-en-terminale-lecole-franaise-de-shanghai&catid=67:scolarite

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