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Enseigner le français à l’étranger, c’est un métier !

Lorsque l’on s’installe à l’étranger, une des premières idées pour trouver un travail est de devenir professeur dans sa langue maternelle, avec parfois des idées préconçues: C’est facile, et il y a toujours dans tous les pays des personnes qui souhaitent apprendre le français.

Mais cela est un métier, avec ses difficultés et ses attraits.  Pour en savoir plus sur comment devenir professeur de FLE.

http://www.lepetitjournal.com/homepage/expat/86441-fle-devenir-professeur-de-francais-pourquoi-comment-.html

Être professeur de FLE en Asie a ses particularités. Voici un article du Petit Journal sous forme de témoignage qui vous mettra dans le bain culturel de l’Asie.

Isabelle, François et Julien, trois professeurs de français en tant que langue étrangère (FLE), nous parlent de leur métier, de la spécificité à enseigner dans la cité-État, et plus généralement en Asie

Le professeur de  français langue étrangère (FLE) enseigne le français à un public non francophone. Métier en constante évolution, il doit s’adapter aux nouvelles méthodes d’apprentissage, se former aux nouvelles technologies comme aujourd’hui le TBI (tableau blanc interactif) et à l’évolution de la langue française elle-même.

Isabelle Lacoste installée dans la cité-État depuis 20 ans, a enseigné pendant plus de 10 ans dans les universités et écoles polytechniques. Elle est maintenant prof de français langue étrangère dans une école internationale, German European School et présidente de l’Association Française de Professeurs de Singapour (AFPS).
François Bretault est prof de français langue étrangère (FLE) depuis plus de 21 ans à Singapour. Il travaille actuellement dans 4 institutions : l’Alliance Française de Singapour, l’Université Nationale de Singapour (NUS), l’Université Technologique de Nanyang (NTU) et l’Université de Management de Singapour (SMU).
Julien Le Sourd est arrivé depuis la mi-août et enseigne à l’école internationale UWCSEA sur le campus de Dover. Cela fait maintenant plus de dix ans qu’il enseigne le FLE à l’étranger, auparavant il a enseigné à Londres, Milan, Bangkok et Berlin.

Trois parcours différents mais une envie commune : la découverte et la passion du métier

Les chemins qui mènent à l’enseignement du FLE sont divers. Après avoir voyagé dans la région, Isabelle, à l’origine diplômée de psychologie et sciences pédagogiques, a commencé à enseigner à l’Alliance Française de Singapour  afin de se renflouer financièrement afin de repartir en Europe. « Après quelques mois à l’Alliance, j’ai postulé à l’Université Technologique de Nanyang (NTU)  pour le nouveau département de français qui s’ouvrait  et j’ai été prise. Le métier me plaisait et petit à petit, je suis vraiment devenue prof » nous confie-t-elle.
Pour François, arrivé à Singapour en 1990 pour y effectuer son service national en tant que coopérant, une partie de son travail consistait à donner des cours de FLE à l’Alliance Française « ayant fait des études en Sciences Sociales, Philosophie et Théologie, je n’avais jamais enseigné avant et n’avais pas vraiment de formation en FLE. Heureusement que les livres pédagogiques étaient bien faits et que les collègues étaient sympas de m’accepter en observation dans leurs classes. J’ai tout de suite aimé ce métier, et par la suite, j’ai décidé de me former dans cette branche. J’ai donc entrepris des études par correspondance et ai obtenu une maîtrise en FLE. »
Quant à Julien, il avoue qu’une prof d’anglais au collège l’a vraiment inspiré « après ma licence d’anglais, je suis parti à Londres pour pratiquer la conversation et je suis tombé sous le charme de cette ville cosmopolite. Par la suite, j’ai rencontré une responsable de l’ambassade française qui m’a conseillé de passer le PGCE (équivalent du CAPES anglais) afin de  pouvoir enseigner et voyager ».

S’adapter au public pour surmonter les difficultés culturelles

Singapour est l’un des endroits au monde où il y a le plus d’apprenants en français dans un pays non-francophone. « La difficulté principale dans l’enseignement du français ici vient du fait que nos étudiants ont rarement de contacts réguliers avec des francophones pour pratiquer la langue. Heureusement, Singapour est un pays à la pointe de la modernité et nos étudiants ont donc accès via Internet à de nombreuses ressources francophones. En revanche, ils manquent souvent de connaissances générales et peu savent par exemple qui est Astérix ou bien ce qu’est la Révolution Française. Il faut souvent passer beaucoup de temps à expliquer ces références culturelles et on ne peut s’empêcher d’être réducteur » explique François.

Le plus difficile pour Isabelle a été le manque de participation des étudiants « pour une classe de langue, c’est extrêmement frustrant d’avoir des étudiants qui ne veulent jamais s’exprimer, et qui n’ont souvent rien à dire. Sorti de la nourriture, il n’y avait que très peu de réponses à mes questions. Pour résoudre ce problème, j’ai assigné des opinions ou des choses à dire à un groupe d’étudiants qui devaient ensuite débattre ou présenter leurs avis. De cette façon, on résolvait le problème de n’avoir rien à dire et les étudiants avaient moins peur de ne pas être d’accord avec leurs camarades de classe, puisque c’était moi qui leur dictais ce qu’ils devaient penser! »
La différence interculturelle fut une expérience très riche pour Julien qui a enseigné deux ans à  Bangkok « même si je travaillais au sein d’une école internationale, le public était principalement Thaï, les étudiants ne levaient pas la main s’ils n’étaient pas certains d’avoir la réponse correcte. A l’écrit, c’était le règne du crayon gris et de la gomme afin d’éliminer toute trace d’erreur. J’ai dû faire un gros travail afin de les convaincre de la nécessité de faire des erreurs et de prendre des risques lors de l’apprentissage d’une langue étrangère ».

L’Asie, le meilleur endroit pour exercer ce métier

« Le métier de professeur est en Asie beaucoup plus gratifiant qu’en Europe, parce qu’il y a ici un réel respect du professeur. Même s’il a fallu que j’apprenne à être plus patiente et à ne pas offenser mes étudiants. Par exemple, je ne connaissais pas la notion de perdre la face, et pour moi, ce n’était pas un problème de faire des fautes et d’être corrigé. J’ai dû apprendre à “enrober” les corrections, multiplier les gratifications et les encouragements, et ne jamais les vexer» avoue Isabelle.
« Si je continue ce travail aujourd’hui, c’est que j’aime beaucoup le contact avec mes étudiants singapouriens. Ce sont en général de jeunes adultes, motivés par la découverte d’une autre culture. Apprendre le français ou une autre langue, c’est un peu s’évader de son quotidien, rêver de voyages et s’ouvrir à l’Autre. Mon rôle est avant tout de faciliter la communication entre deux cultures, la leur et la mienne. Apprendre une autre langue, c’est aussi promouvoir la diversité à l’heure où la globalisation est plutôt synonyme d’uniformité et de disparition des particularismes » nous explique François, marié à une Singapourienne et qui s’investit dans le dialogue interreligieux à Singapour.

Et pour terminer, un conseil
François en tire deux conclusions « avoir plusieurs cordes à son arc et suivre au plus près l’évolution de la technologie ».
Isabelle insiste sur le fait de « bien garder en tête qu’un professeur n’est pas seulement là pour enseigner sa matière. Que son rôle est de motiver ses étudiants, pour leur ouvrir l’esprit sur de nouvelles choses, pour leur faire connaitre de nouveaux horizons, les guider dans leurs décisions, et parfois même changer leur vie en leur présentant de nouvelles possibilités »  .
Enfin « si vous pensez avoir des talents de psychologue, d’acteur, de metteur en scène, de chef d’orchestre, si vous êtes créatifs et organisés, si vous aimez donner aux autres, si vous aimez l’aventure, les voyages et les nouvelles rencontres et que l’argent n’est pas la chose la plus importante pour vous, alors foncez! » termine ainsi Julien.

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