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La couverture sante à Shanghai: ses enjeux

La couverture santé quand on est jeune et sans enfant n’est pas forcement la première chose a laquelle on pense quand on prend la décision de s’installer dans un autre pays. Et pourtant les problèmes de santé peuvent arriver à tous, jeunes et moins jeunes et l’arrivée d’un enfant plus vite que prévu.

N’oublions pas que notre système de santé est exceptionnel et très avantageux au regard de ce qui existe à l’étranger.

Comment cela se présente en chine et particulièrement a Shanghai.

Cas de figure 1 :

L’expatriation classique : la couverture  médicale est comprise dans le package et vous pouvez sans soucis accéder aux soins dispensés par les centres médicaux avec une médecine occidentale (attentions certains centres pratiquant des tarifs très élevés sont exclus des assurances). Vous bénéficiez de soins dentaires, d’hospitalisation, d’accouchement des lors que vous montrez votre attestation d’assurance.

Cas de figure 2 :

Vous avez un petit package et la couverture sante est réduite ou vous êtes en contrat local. Vos possibilités de soin sont plus limitées dans les centres de santé, car vous devez avancer des sommes d’argent parfois importantes  (avec ou sans remboursement partiel) avant toute intervention.

Vous pouvez vous rendre dans les hôpitaux chinois qui à Shanghai sont les meilleurs de Chine si vous avez un conjoint chinois ou parlez vous-même un bon chinois. Certains ont une section internationale avec des médecins parlant anglais.

La pratique de la médecine y est différente et peut parfois surprendre.

 Cas de figure 3 :

Vous n’avez pas de couverture car vous n’y avez pas pensé ou que vous n’avez les moyens de vous en offrir une. Autant dire que cette situation n’est pas enviable et peut amener a des situations dramatiques lors de maladie ou d’accident grave.

Sachez que vous ne serez pas soigné même si votre vie en dépendait.

 Dans tout les cas de figure un conseil, assurez-vous d’avoir une assurance rapatriement, cela peut vous sauver la vie si vous n’avez pas les moyens de débourser $15,000 cash en 24h.

Voici un interview du médecin réfèrent auprès du Consulat de Shanghai, publiée dans La Lettre de Shanghai en juillet 2011:

Qu’est ce que le médecin conseil ?

A l’approche des vacances et des nouvelles arrivées dans la circonscription, La Lettre de Shanghai a choisi d’interviewer le Dr. Kurt Matthäus, médecin conseil du Consulat général de France. Son rôle, souvent mal connu de la communauté française, tient avant tout dans une consultation « d’expertise médicale » auprès du consulat. Pour les ressortissants français, une « piqûre de rappel » pouvait donc être recommandée.

Lettre de Shanghai : Vous êtes un médecin généraliste qui a exercé pendant près de 25 ans en France avant de vous expatrier en Chine, d’enseigner la médecine à Hangzhou et de vous installer à Shanghai. Vous êtes actuellement médecin conseil auprès du Consulat général de France dans cette ville. Quel type d’assistance apportez-vous à la communauté française ?

Dr. Kurt Matthäus : Mon rôle consiste essentiellement à offrir un conseil juridique. J’étais médecin assermenté en France, ce qui me confère le droit de faire des rapports d’expertises auprès des instances juridiques, par exemple pour certifier qu’une personne souffre d’un handicap ou qu’une autre est habilitée ou non à effectuer un vol en avion.

Les consulats appellent le médecin pour obtenir un conseil, en cas d’urgence uniquement. Le terme d’urgence est assez délicat, car en situation de panique, les ressortissants ont tendance à téléphoner à leur consulat avant même de consulter l’hôpital le plus proche de chez eux.

Il faut bien préciser à la communauté française que je ne suis pas rémunéré par le consulat, mais employé d’une clinique privée. Chaque consultation est donc à la charge du patient qui doit prendre rendez vous auprès de la clinique dans laquelle j’exerce. La langue facilitant le contact avec la communauté, il est vrai que je me rends particulièrement disponible pour les Français. Je suis également médecin conseil auprès des consulats de Suisse et d’Autriche, et attaché à Air France, KLM et Lufthansa.

LDS : Est-ce que votre expérience en Chine a influencé votre manière d’exercer la médecine ?

Dr. Matthäus : La médecine que je pratique en Chine correspond à un exercice très global, plus encore que celui que j’ai pratiqué en France. Je suis encore plus “Médecin Généraliste” que je ne l’ai été en France. D’un autre côté, je me sens aussi plus libre de raisonner en termes de besoins médicaux réels, dégagé de standards plus administratifs comme les fameuses RMO (Références médicales opposables), introduites par l’Assurance maladie en France dans les années 90. Ces références sont des guides de pratique médicale élaborés par la Caisse d’assurance maladie auxquels je ne suis pas tenu en Chine. Je peux assurer des soins de très bonne qualité, à condition que le patient soit correctement assuré. C’est l’examen médical de chaque patient, son histoire particulière et familiale, son mode de vie, ses antécédents qui déterminent ma démarche.

Contrairement au fonctionnement des hôpitaux chinois, je reste également attaché à un exercice global facturé à l’« acte » et non pas au « détail ». Un rendez vous est un acte global : je ne facture pas l’examen selon le nombre de points que je passe en revue pour établir mon diagnostic. J’aime pratiquer cette médecine tel que je le faisais en France voilà 25 ans.

La médecine chinoise est une médecine exclusivement hospitalière et les Chinois sont plutôt consommateurs de soins médicaux. La pratique de la médecine en Chine est différente de celle pratiquée en France : je ne vois qu’une vingtaine de patients dans mon cabinet alors qu’un médecin Chinois peut être amené à voir plus d’une centaine de patients par jour. Tant que je suis à la recherche de la pathologie de mon patient, je peux me permettre d’avoir une attitude de remise en question permanente de mes conclusions diagnostiques et thérapeutiques, mais une telle attitude de recherche nécessite de disposer d’un minimum de temps.

LDS : Avez-vous des conseils pour les nouveaux arrivants dans la circonscritption ?

Dr. Matthäus : Le meilleur conseil que je puisse prodiguer et celui de ne pas partir de France sans avoir une très bonne assurance. Quoi qu’il se passe ensuite durant votre séjour en Chine, il y a des médecins compétents qui pourront répondre à vos attentes, du moment que vous êtes correctement assuré. Partir en Chine en se disant qu’il ne vous arrivera rien n’est pas un bon adage. Je prescris la prévoyance.

Propos recueillis par Perle ARTETA et Cindy LAI KEE HIM,
Service de presse et de communication


En tant que médecin conseil du consulat, le Dr. Matthäus a participé au jury du SOS Shanghai, un livret contenant des informations sur les soins de premiers secours, les expressions d’urgence en chinois et en pinyin et les numéros de téléphones utiles, bientôt disponible au Service de l’administration des Français du Consulat général.

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