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Les conjoints d’expatriés : Une vraie problématique

Les compagnes ou compagnons d’expatriés vivent souvent dans l’ombre du conjoint qui détient le contrat de travail et tout les avantages afférents. Ces derniers possèdent aussi de part leur travail un réseau social indispensable à une adaptation dans un pays étranger.

Restent alors pour les conjoints la maison et les enfants grands ou petits et cela peut vite se transformer en prison plus ou moins dorée.

Le risque de dépression est important pour ce groupe de population qui souvent n’est pas préparé ni informé des effets psychologiques d’une expatriation en tant que conjoint.

Voici un très intéressant article  qui nous présente les effets pervers que peut engendrer une telle situation :

Comment protéger son couple face aux dangers de l’expatriation ?

Exerçant depuis deux ans la psychothérapie (individuelle, de couple et familiale) auprès de la communauté française de Shanghai, j’ai acquis une vision assez nette des souffrances que peut causer l’expatriation. Et je dois dire qu’à force de recevoir des couples en situation de crise aigüe, j’estime utile de faire part de mon expérience aux candidats au départ, dans une visée préventive. Car même si Shanghai, pour des raisons tant économiques que culturelles, figure probablement en bonne place dans le « top ten » des mégapoles dangereuses pour le couple expatrié, je pense que mon propos correspond à beaucoup d’autres destinations dans le monde…

Le premier danger m’apparaît être celui d’une désagrégation progressive du lien de couple, liée à l’éloignement croissant, sur bien plusieurs plans, des deux partenaires.

Pour commencer, il arrive que du jour au lendemain, les époux soient amenés à expérimenter des séparations longues et/ou très fréquentes. Ainsi, Monsieur rejoint parfois le pays d’expatriation bien avant sa famille (femme et enfants restant plus longtemps dans le pays d’origine pour des raisons professionnelles, scolaires…), ou alors il doit travailler dans une ville si distante de son nouveau foyer qu’il reste sur place, loin des siens, du lundi matin au vendredi soir, ou encore il est sans cesse en voyage d’affaires (ces hommes-là partent non pas en expatriation, mais pour « un business trip de trois ans » !) et s’absente de plus plusieurs soirs par semaine pour dîner avec les différents acteurs de son univers professionnel… Il arrive d’ailleurs que Madame quitte elle aussi régulièrement son mari pour passer de longues vacances en France avec les enfants.  Reste que même lorsqu’il est en week-end ou en vacances, Monsieur peut demeurer « marié à son travail davantage qu’à sa femme », par la généreuse entremise de son smart phone et/ou ordinateur portable ! Il faut avouer, à sa décharge, que la pression professionnelle qui pèse sur ses épaules est parfois énorme. Car l’expatriation est souvent synonyme pour lui d’accroissement majeur de ses responsabilités, de complexification de ses fonctions (contexte multiculturel oblige) et de stress lié à la sensation de ne pas avoir le droit à l’échec, ce qui signifierait la fin de l’aventure dans laquelle il a embarqué tous ses proches et menacerait la sécurité financière associée, qu’il assume souvent (et parfois pour la première fois) seul. Difficile pour le couple, dans ces conditions, de conserver du temps pour nourrir son intimité, avoir des loisirs en commun et échanger autour des expériences, des moments importants vécus par chacun au cours de sa journée (à ne pas confondre avec la communication liée à la logistique de la vie quotidienne !)… L’intensité du partage et de la complicité de couple se réduit alors comme peau de chagrin et ce processus éloigne l’un de l’autre…

Une autre sorte de distance peut également s’installer, insidieusement, entre les époux. Liée cette fois à une différence croissante dans l’estime qu’ils se portent mutuellement. Car si l’expatriation permet souvent à Monsieur d’accéder à un statut gratifiant à plus d’un titre (amélioration des différents éléments de sa rémunération, augmentation de son pouvoir comme de son rayon d’action, enrichissement personnel sur un plan culturel, intellectuel…, reconnaissance de la part de son environnement professionnel exprimée sous différentes formes…), il en va parfois bien différemment pour Madame. Dans son cas, en effet, trois scénarios catastrophiques peuvent malheureusement se mettre en place. Le pire est sans doute celui où l’épouse, supportant mal sa séparation brutale avec son environnement familial, amical, professionnel et ne s’adaptant pas à sa nouvelle existence, ne crée pas de nouvelles relations, ne se lance pas dans aucune nouvelle activité, se replie sur elle-même à la maison et sombre dans l’ennui. Inutile de préciser que dans ces situations, la dépression, les souffrances psychosomatiques et l’alcoolisme peuvent entrer dans la bien triste danse. Dans d’autres cas, Madame se lance avec enthousiasme (au moins au départ) dans les joies et le confort de sa nouvelle existence d’expatriée relativement oisive et remplit son emploi du temps d’activités plaisantes, parfois même intéressantes, mais déconnectées de tout projet personnel mûrement réfléchi. Entre shopping, séances de sport, rendez-vous beauté (le fameux trio coiffeur/esthéticienne/manucure), déjeuners avec les copines, cours de langue et activités culturelles ou manuelles sporadiques, elles ne s’ennuient certes pas, mais, sans toujours s’en rendre compte, laissent leur existence perdre un peu, beaucoup, voire énormément de son sens. D’autres femmes, encore, parviennent à trouver un job dans leur ville d’adoption, mais malheureusement pas toujours à la hauteur de ce que leurs diplômes et expérience professionnelle antérieure leur permettrait d’espérer en France. Chez ces femmes aussi, ennui et déprime peuvent alors pointer leur nez. Dans ces trois cas de figure (qui excluent les mères de très jeunes enfants, qui trouvent généralement dans le maternage tout le sens dont leur existence a besoin et les femmes ayant un travail en phase avec leurs compétences), il arrive que les hommes ressentent de moins en moins d’admiration et d’envie d’échanger avec une épouse mal dans sa peau ou immergée dans un style de vie nettement plus empreint de consommation et de divertissement que de croissance personnelle. Au passage, ils perdent de vue que leur compagne, en ayant accepté de s’expatrier et en apportant à toute la famille la stabilité logistique et affective nécessaire à cette grande aventure collective, est de facto co-créatrice de la valeur (ne serait-ce que financière) générée par celle-ci! Reste que mari et femme peuvent malgré tout avoir de moins en moins de choses intéressantes à se raconter, voir leurs univers s’écarter l’un de l’autre et que Monsieur peut commencer à trouver son épouse moins captivante (donc moins attirante ?) qu’auparavant.

Ces deux formes d’appauvrissement du lien de couple, d’ailleurs souvent associées, tendent malheureusement à s’aggraver au fil du temps. Car lorsqu’un homme se sent mal chez lui, perçoit cet éloignement et que les tensions se multiplient avec son épouse… il tend à fuir son foyer ! Ne sachant pas comment améliorer les choses au plan privé, il investit encore davantage la sphère professionnelle, lui consacrant toujours plus de son énergie et de son temps, acceptant dîners et déplacements professionnels avec de plus en plus d’empressement. L’épouse, quant à elle, finit parfois par percevoir l’impact négatif de sa situation d’expatriée sur le regard que son mari porte sur elle et le déséquilibre statutaire qui s’installe au sein de son couple. Elle peut aussi culpabiliser de se sentir mal alors qu’elle a objectivement tout ce qu’il faut pour être heureuse ! Et souffre, bien sûr, des conflits avec son mari, qui peuvent se trouver intensifiés par d’autres types de soucis liés à l’expatriation: mauvaise adaptation des enfants à leur nouvelle vie, tensions avec les familles d’origine (qui ressortent souvent à l’occasion de séjours prolongés au domicile des parents et beaux-parents, lors des séjours en France), difficultés professionnelles… Alors, son estime de soi et sa joie de vivre, en chute libre, renforçant parfois ses symptômes, rendent sa fréquentation de moins en moins agréable. Et le fossé se creuse… Faisant le lit (si je puis dire) de difficultés bien plus graves encore.

Car l’autre grande menace qui, selon moi, pèse sur le couple expatrié (tout du moins dans certains pays comme la Chine) est l’infidélité.

En effet, dans une ville comme Shanghai, la tentation pour ces Messieurs de donner un coup de couteau dans le contrat de mariage est omni-présente. Elle vient tout d’abord des hôtesses et prostituées qui traquent les hommes expatriés dans les bars, clubs, discothèques, karaokés…, jusque dans les chambres d’hôtel qui truffent leur vie d’éternels voyageurs (où, grâce à la complicité de concierges zélés, elles offrent leurs services par téléphone, carte de visite glissée sous la porte ou tout simplement en se présentant en personne à toute heure de la nuit). Mais aussi de ces innombrables jeunes et belles chinoises, de tous niveaux socio-culturels, qui cherchent la survie ou la richesse instantanée dans le mariage avec un occidental (déjà engagé ou non, cela n’a aucune importance !). Ceci dans un pays où l’entretien très répandu de concubines par les hommes chinois fortunés et l’obsession de l’enrichissement par tous les moyens posent un voile de grande tolérance sur toutes ces pratiques et où la consommation d’alcool largement désinhibante est très encouragée dans les rencontres d’affaires (dont les épouses sont toujours exclues, leur présence étant alors facilement et rapidement remplacée par des professionnelles ad hoc). Et dans un contexte où la pression morale d’ordinaire subtilement véhiculée par l’environnement humain d’appartenance de tout un chacun (famille élargie, amis, hiérarchie et collègues du pays d’origine, communauté religieuse…) brillent par leur absence. Ce qui conduit plus d’un expatrié à « passer à l’acte », parfaitement incognito, dans un état de plus ou moins grande conscience de ses actes. Il faut dire que quand on est un homme en pleine « middle life crisis » (qui correspond à l’âge de beaucoup d’homme suffisamment compétents pour être envoyés en expatriation), que l’on a du coup un besoin irrépressible de tester sa capacité de séduction et de renforcer son narcissisme, que l’on est en état avancé d’ébriété et que l’on trouve sur le seuil de sa porte une créature de rêve experte dans l’art de donner du plaisir (alors que son épouse vieillissante, déprimée ou râleuse, s’avère parfois de moins en moins portée sur la question), c’est paraît-il sacrément dur de résister ! Et c’est comme cela, le plus souvent, que se produit l’accident, qui peut demeurer unique ou malheureusement démarrer chez Monsieur, lorsqu’il découvre ainsi des délices auxquels il ne peut désormais plus renoncer, une véritable carrière de « serial cheater ». La même chose peut d’ailleurs se produire avec une jeune femme non professionnelle, sachant que dans ce cas-là, l’infidélité sexuelle se double souvent d’une infidélité amoureuse rendant encore plus probable l’explosion en vol du couple expatrié. Reste enfin que de la trahison peut aussi provenir, à l’inverse, des épouses esseulées qui se consolent dans des bras disponibles et accueillants (avec ou sans compensation matérielle/financière), mais c’est tout de même plus rare…

Alors, que faire pour éviter ces redoutables pièges de l’expatriation (certes plus présents dans certaines destinations que dans d’autres) et vivre cette expérience ensemble, de bout en bout, dans la complicité et la plus grande proximité affective ?

L’idéal serait, pour le couple au fait de ces dangers, de bien y réfléchir avant de se lancer dans un tel choix de vie. Pourtant, malheureusement, les paramètres pris en compte dans la plupart des décisions d’expatriation excluent ces considérations. Car on relève le plus souvent seulement trois types de motivation: l’amélioration du niveau de vie de la famille, la progression de carrière de Monsieur (et parfois de Madame) et/ou l’envie de vivre en famille, d’offrir à ses enfants, une expérience enrichissante car ouvrant sur de nouveaux horizons culturels, linguistiques… Tandis que l’Entreprise, de son côté, se contente la plupart du temps de vérifier l’adéquation des compétences de son collaborateur avec la description du poste à prendre à l’étranger, sans trop de soucier de l’impact potentiel de cette aventure sur l’équilibre psychique et affectif des individus, du couple et de la famille concernés. Et déploie ses plus beaux chants de sirènes pour amener son employé à signer au plus vite son contrat d’expatriation, avant qu’il se pose trop de questions existentielles…

Il faudrait pourtant que le couple examine avec le plus grand soin la cohérence (sur le fond) et l’opportunité (côté timing) de cette éventualité d’expatriation au regard du projet de vie de chacun des partenaires (comme de la situation de chaque enfant, mais c’est une autre histoire !). Une réflexion préalable dont l’évitement s’avère souvent révélatrice d’une crainte profonde de découvrir des différences, voire des incompatibilités d’aspirations, de priorités et de valeurs… Qui, si elles existent mais sont ignorées dans une prise de décision favorisant en silence l’un (ou l’autre) des époux, rejailliront pourtant rapidement et avec violence, une fois sur place ! Alors que leur prise en compte en amont peut parfaitement déboucher sur un compromis, privilégiant transitoirement et en conscience l’un (ou l’autre), mais dans un climat de confiance réciproque au regard de l’équilibre et l’équité, sur le long terme, de ce qui aura été donné et reçu de part et d’autre, dans ce couple. Avec, dans le meilleur des cas, le ressenti et l’expression durables par l’époux favorisé d’une authentique reconnaissance pour celui qui, par amour et générosité, aura accepté de mettre temporairement en veilleuse une partie de ses propres besoins et désirs. A moins que cette mise à plat effectuée avant la prise de décision de partir se solde par un renoncement extrêmement salutaire (même en temps de crise !) à un projet perçu en fin de compte comme potentiellement toxique pour ce couple.

En cas de vote commun favorable à l’expatriation, il serait ensuite fondamental que les partenaires rendent explicites, dans l‘échange et la négociation, les clauses implicites (et donc souvent floues) de leur « contrat de couple » : terme par lequel je désigne dans mon travail l’ensemble des valeurs honorées d’un commun accord et, en conséquence, les règles définissant les comportements acceptables et non acceptables dans les situations les plus concrètes susceptibles de poser problème. Ce qui oblige, comme dans la mise en place d’un contrat d’assurance, à évoquer des tas de choses désagréables, voire les pires des occurrences  (et du coup, la plupart du temps, c’est là encore « courage, fuyons ! »). Dans le cas d’un projet d’expatriation, il s’agira essentiellement pour le couple de recenser, afin de pouvoir les prévenir, les comportements de l’un ou de l’autre qui engendreraient malaise,  souffrance, conflits et rupture éventuelle. Cela peut (doit ?) aller jusqu’à un certain niveau de détails, comme le nombre de verres que Monsieur s’autorise à boire lors de chacun de ses dîners professionnels (en faisant les « Gambei » suivant avec un verre de Coca à la main, ce qui est bien plus facilement admis en Chine que certains voudraient le faire croire !), l’heure maximale à laquelle il serait souhaitable qu’il rallie le foyer familial, le nombre mensuel cumulé de jours passés en voyages d’affaires, la proportion maximale des soirées et week-ends envahie par les extensions électroniques du bureau de Monsieur, le plafond des dépenses mensuelles personnelles de Madame, la répartition des congés pris en France entre la famille, les amis de chacun et (c’est souhaitable) le temps restant pour la famille nucléaire, les moments de la semaine (c’est également souhaitable) réservés à la vie du couple, etc…

Une fois sur place, je conseillerais évidemment au couple de se rappeler mutuellement, avec tendresse, les engagements ainsi pris (ou de les définir au plus vite, quand cela n’a pas été fait préalablement !). Mais aussi, tout de suite après l’installation, de partir à la découverte des ressources disponibles sur son nouveau lieu de vie en matière de loisirs et divertissement communs (avec ou sans les enfants). Certes, c’est souvent dans l’escarcelle de Madame que finit par tomber ce rôle d’agent de réservation de spectacles, restaurants, terrains de sport, week-ends et voyages. Mais cela vaut vraiment le coup de prendre soin du temps libre vécu en couple et en famille, pour que Monsieur y repense avec nostalgie entre deux avions ou deux réunions et ait envie de retrouver les siens. Cela étant, la démarche essentielle de prévention des dangers de l’expatriation pour le couple me paraît demeurer dans le fait que les femmes (à partir là encore d’un recensement des options à leur disposition dans leur ville d’adoption), mettent rapidement en place dans leur vie des activités ayant du sens pour elles et favorisant leur croissance personnelle, quelle que soit la direction choisie. L’idée est qu’elles se placent elles aussi dans une dynamique d’effort, d’accomplissement, d’enrichissement de leurs compétences, talents et personnalité, qu’elles puissent évoquer avec fierté et enthousiasme auprès de leur chère moitié. Il peut s’agir d’activités associatives/caritatives, culturelles, linguistiques, artistiques ou encore de la création d’un petit business : tout est possible, du moment que Madame retire des expériences vécues et des rencontres effectuées des émotions, réflexions et connaissances intéressantes et partageables (le must étant que certains de ces éléments soient parfois transférables à l’univers professionnel du mari, par exemple en enrichissant sa pratique du management interculturel d’éléments glanés dans des conférences sur la civilisation du pays d’adoption…). Sans compter qu’en demeurant dans une telle mouvance de développement et d’apprentissage, les femmes sont moins susceptibles de se déconnecter de l’univers dans lequel évolue quotidiennement leur mari et ont alors davantage tendance à s’intéresser, en retour, aux petits et grands bonheurs et malheurs qu’il vit au travail. Cela revient à faire de son couple un lieu de croissance et de reconnaissance mutuelles, de partage, de soutien réciproque et d’intimité bienfaisante. Cette dernière s’étendant naturellement au domaine de la sexualité, où là aussi (disons-le tout net au risque d’aborder un domaine parfois tabou !), Madame gagne évidemment à entretenir son potentiel d’attraction (son « sex appeal », quoi !) avec le même soin que ses autres atouts…

Enfin et surtout, à la moindre alerte, sensation de malaise, de doute, d’éloignement, je conseillerais au couple de ne pas fuir (au sens propre comme figuré) ce qui se passe et au contraire d’aborder le sujet dès que possible. D’abord à deux et si cela ne suffit pas en sollicitant l’aide d’un thérapeute, quand cette ressource est disponible dans leur ville d’expatriation. Quelques séances suffisent alors généralement à analyser la situation, mettre à jour ses dysfonctionnements et définir les rectificatifs qui s’imposent, de part et d’autre. Afin d’éviter que les choses s’aggravent, faute de s’en occuper avec courage et que le couple se trouve véritablement menacé…

PS : Un excellente lecture complémentaire, pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin (en anglais, car il n’existe à ma connaissance aucun ouvrage en français pertinent sur le sujet) : « A Moveable mariage : relocate your relationship without breaking it » de Robin Pascoe (Expatriate Press – 2003)

Corinne SON-DELFOSSE– Psychothérapeute intégrative

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